Congrès National
Stratégies de Prévention De l’Extrémisme Violent En
Tunisie



Congrès National Stratégies de Prévention De l’Extrémisme Violent En Tunisie 1 ére partie

Congrès National Stratégies de Prévention De l’Extrémisme Violent En Tunisie 2 éme partie



 

  1. Contexte :

Depuis huit ans, la Tunisie doit faire face à une extraordinaire dynamique de refonte des institutions de l’Etat de droit et d’acheminement vers un système démocratique à l’issue d’une Révolution sans précédent dans le monde arabo-musulman, qui a mis en lumière les violations graves des droits humains subies par les citoyens tunisiens ainsi qu’une profonde discrimination en matière d’accès aux droits économiques et sociaux.

 

Depuis 2011, la situation politique et sécuritaire de la région apporte de nouveaux défis à la construction de l’Etat de droit et de la jeune démocratie tunisienne, au premier rang desquels les attentats terroristes qui ont frappé le pays à plusieurs reprises ainsi que le départ d’un nombre important de jeunes (principalement) pour rejoindre, en Libye ou en Syrie, les groupes armés terroristes tel que Daech. En effet, la Tunisie fait partie des plus gros pourvoyeurs de candidats au Djihad : fin 2015 ils étaient environ 5500 selon l’ONU,[1] en 2017, le ministère de l’intérieur Monsieur Hédi Majdoub a déclaré qu’ils étaient d’à peu près 3000[2].

Face à cette situation qui participe à la déstabilisation de la Tunisie, il est aujourd’hui impératif de mettre en œuvre des réformes d’envergure pour lutter contre l’extrémisme violent qui touche tout particulièrement les jeunes.

 

Le Plan d’Action du Secrétaire générale des Nations Unies pour la prévention de l’extrémisme violent[3] présenté en mars 2016 à l’Assemblée Générale, est venu compléter la Stratégie anti-terroriste mondiale des Nations Unies[4] de septembre 2006. Le Plan d’Action, salué par les Etats membres réunis dans une récente conférence au Bureau des Nations Unies de Genève[5], préconise la prise en compte de certains facteurs récurrents qui conduisent à l’extrémisme violent. Parmi ces facteurs, le Plan d’Action identifie en particulier l’absence de perspectives socioéconomiques, la marginalisation et la discrimination, la mauvaise gouvernance, les violations des droits de l’homme et des principes de l’Etat de droit.

 

Dans un tel contexte, le partenariat entre les institutions de l’Etat et les organisations de la société civile apparait primordiale afin d’identifier et mettre en œuvre les réformes nécessaires à lutter contre l’ensemble des facteurs institutionnels et socio-économiques qui favorise l’émergence de l’extrémisme violent.

 

Pour cette raison, en 2018, plusieurs organisations de la société civile ont formalisé l’existence d’une coalition d’acteurs de la société civile : l’Alliance civil pour la Sécurité et les Libertés[6] (ASL). ASL s’est donné comme mission de plaider afin que l’Etat s’attaque aux causes profondes de l’extrémisme violent, en adoptant et en mettant en œuvre des politiques publiques économiques, sociales, culturelles et éducatives plus inclusives et respectueuses de l’Etat de droit.

 

En 2015, par le biais d’une nouvelle loi organique de lutte contre le terrorisme n° 2015-26 du 7 août 2015, l’Etat tunisien a souhaité instaurer la Commission Nationale de Lutte contre le Terrorisme (CNLT). Multidisciplinaire et impliquant l’ensemble des ministères concernés par la lutte contre le terrorisme, la Commission dispose de larges prérogatives en la matière, son mandat incluant également la prévention de l’extrémisme violent. La Commission apparaît aujourd’hui comme l’acteur étatique le plus pertinent en vue de développer une coopération durable avec la société civile dans le but de concevoir et de coordonner la mise en œuvre d’une stratégie de longue haleine en matière de prévention de l’extrémisme violent.

 

  1. Le Congrès National : objectifs et méthodologie

 

Objectifs :

Les objectifs du congrès se déclinent comme suit :

  • Créer un espace de dialogue et de coopération durable avec les décideurs politiques et les acteurs de la société civile sur la prévention de l’extrémisme violent.
  • Mettre en avant des expériences réussies dans la prévention de l’extrémisme violent.
  • Amorcer le processus de développement d’un plan d’action inclusif pour la prévention de l’extrémisme violent en Tunisie sur la base du plan d’action des Nations Unies

Méthodologie :

Le congrès alternera des plénières et des ateliers (4) qui se tiendront parallèlement et qui devront aboutir à la conception de recommandations élaborées en concertation avec les acteurs présents.

 

Chaque atelier est composé d’un nombre restreint de participants (15 personnes). Un équilibre dans la composition des ateliers entre OSCs, autorités publiques et académiciens sera assuré.

 

Chaque atelier aura deux sessions pour débattre de sa thématique et aboutir à des conclusions/recommandations qui seront ensuite restituées en plénière par le rapporteur désigné préalablement.

 

Programme prévisionnel :

 

Le 12 Décembre 2019

8h30 – 9h00

Réception et inscription des participants

Matinée – Première séance plénière

9h00 – 9h30

Mots d’ouverture

Présidence de la République (TBC)

Commission Nationale de Lutte Contre le Terrorisme

Alliance pour la Sécurité et les Libertés

9h30 – 10h00

Présentation de la stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme- CNLCT

10h00 – 10h30

Vision et la stratégie d’ASL

10h30 – 11h00

Pause-café

Matinée – Deuxième séance plénière

11h00 -12h30

Panel introductif regroupant des experts internationaux et nationaux

Jean Paul Laborde, directeur du Centre d’Expertise sur la Lutte contre le Terrorisme (CELT), ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies et directeur exécutif du Comité de lutte contre le terrorisme du Conseil de Sécurité (CTED) des Nations Unies, ONU

Gerald Staberock, secrétaire général de l’Organisation Mondiale Contre la Torture

Rim Ben Ismail, Psychologue, universitaire et présidente de Psychologues du Monde-Tunisie

Oumayma Mehdi, coordinatrice de l’Alliance pour la Sécurité et les Libertés

12h30 – 14h00

Pause déjeuner

Après Midi- Travaux des 4 ateliers en guise de réponse à la première question :

Etat des lieux des difficultés et des défaillances du secteur

14h00 -15h30

Atelier 1 : Sécurité

Atelier 2 : Justice

Atelier 3 : Justice socio-économique et emploi

Atelier 4 : Culture et éducation

15h30 – 16h00

Pause-café

Après Midi- Travaux des 4 ateliers en guise de réponse à la deuxième question :

Recommandations et réformes prioritaires proposées pour chaque secteur

16h00-17h30

Atelier 1 : Sécurité

Atelier 2 : Justice

Atelier 3 : Justice socio-économique et emploi

Atelier 4 : Culture et éducation

Troisième Séance plénière

17h30 – 18h00

Restitution des recommandations issues des ateliers

[1] https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16219&LangID=F ; voir aussi : http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/25/un-nouveau-vivier-de-djihadistes

[2] « Hédi Majdoub : 3000 terroristes tunisiens combattent actuellement dans les zones de conflit » (shemsfm.net, 22/04/2017)

[3] http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/70/674&Lang=F

[4] https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N05/504/89/PDF/N0550489.pdf?OpenElement

[5] https://www.un.org/counterterrorism/ctitf/sites/www.un.org.counterterrorism.ctitf/files/Joint%20Co-Chairs%20Conclusions%20French%20.pdf

[6] Les membres fondateurs de ASL sont : Avocats Sans Frontières (ASF), le Forum Tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), Al Bawsala, la Ligue Tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH), l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT), Mobdium, Psychologues du Monde Tunisie (PDMT), Solidar Tunisie et Jamaity.